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Vendredi 16 novembre 2007 à 20h40 - 14/08/08

René Bousquet ou le grand arrangement

Comment le haut fonctionnaire René Bousquet, acteur majeur de la déportation des juifs en France, fut rattrapé par son passé. Un film sans concession qui éclaire avec intelligence les silences et les compromis passés à la Libération. Avec Daniel Prévost, parfaitement glacial.

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Ancien haut fonctionnaire reconverti dans la finance, René Bousquet navigue d’un conseil d’administration à l’autre et mène à Paris l’existence paisible d’un grand bourgeois, seulement assombrie par la maladie de son épouse. Mais en 1978, Louis Darquier de Pellepoix, antisémite qui ne renie rien de son passé de commissaire aux questions juives, mouille René Bousquet en le désignant dans L’express comme celui qui a orchestré la rafle du Vel d’Hiv’. Des révélations qui rappellent que ce septuagénaire portant haut, directeur de la Banque d’Indochine et de Suez, était en 1942 à la tête de la police de Vichy. Rattrapé par son passé, cet homme de réseaux va tenter, avec son frère avocat, d’organiser sa défense, tandis qu’une fille de déportés vient avec insistance le confronter à ses mensonges et à ses choix criminels…

Décrypter les silences
En autopsiant l’affaire Bousquet, Laurent Heynemann ne concède rien : ni à la complexité du personnage, ni à la période trouble qui a conduit ce haut fonctionnaire radical-socialiste zélé à organiser l’arrestation de 40 000 juifs. S’appuyant sur un scénario rigoureux, la fiction ici ne simplifie jamais les faits, mais au contraire les étoffe. D’autant que la mise en scène, à travers des témoignages en aparté, précise les trajectoires de chacun, et décrypte habilement les arrangements et les silences de l après guerre, au nom de la réconciliation nationale. Dans le rôle de Bousquet, Daniel Prévost campe, tout en retenue, un homme vieillissant pétri de certitudes, qui brandit comme un étendard sa conviction du devoir accompli. Un criminel ordinaire face auquel Ludmila Mikaël incarne la mémoire juive, qui revient par étapes. Inculpé en 1991 de crimes contre l’humanité, avant d’être assassiné deux ans plus tard par un déséquilibré, René Bousquet ne sera jamais jugé. De ce procès volé, instruit à charge comme à décharge, le film restitue justement les éléments. “Après les films de dénonciation puis ceux d’émotion, de mémoire et de pathos, il est temps de gratter, souligne le réalisateur, afin de raconter des histoires porteuses de leçons pour l’avenir.”

René Bousquet ou le grand arrangement paraît en DVD chez ARTE Vidéo le 21 novembre. Disponible en vidéo à la demande sur www.artevod.com



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René Bousquet ou le grand arrangement
Téléfilm de Laurent Heynemann (France, 2006, 1h39mn)
Scénario : Pierre Beuchot, Antoine Desrosières, Avec : Daniel Prévost (René Bousquet), Ludmila Mikaël (la femme), Macha Méril (Evelyn Baylet), Philippe Magnan (Louis Bousquet), Michel Aumont (le juge Moatty), Philippe Duclos (Jean-Paul Martin), Dominique Guillo (Guy Bousquet), Yves Gasc (Jacques Saunier), Philippe Laudenbach (Jean Leguay), Image : Robert Alazraki, Musique : Bruno Coulais
Coproduction : ARTE France, Nelka Films, avec la participation de France 2
Multidiffusion le 23 novembre à 15.50 et le 1er décembre à 16.00

Edité le : 31-10-07
Dernière mise à jour le : 14-08-08