Cette découverte, on la doit au biologiste sud-africain Nigel Gericke. Il s’intéresse de près aux plantes médicinales utilisées depuis des siècles en Afrique pour lutter contre de nombreuses maladies. A la fin des années 90, il étudiait la sutherlandia pour d’autres fins que la lutte contre le V.I.H. Cette plante est un tonique et les comprimés qu’il testait sur lui-même procuraient un sentiment de bien-être : "Un jour, un Zimbabwéen est venu me voir pour me demander si j’avais quelque chose pour soigner le sida. Mais nous n’avions rien. Il m’a expliqué que deux de ses amies, une mère et sa fille, étaient malades du sida."Nigel Gericke pensa alors que les comprimés de sutherlandia pourraient apporter un sentiment de bien-être à ces patientes. Effectivement, en à peine trois mois de traitement, elles avaient toutes les deux repris entre 5 et 6 kilos, avaient retrouvé des forces et se sentaient mieux. Un résultat incroyable ! Mais comment se portent les deux malades, aujourd’hui ?
Nonhlanhla Zungu est contaminée par le V.I.H. depuis maintenant 10 ans. Nomfundo, sa fille, est séropositive depuis sa naissance. Elles semblent pourtant en assez bonne santé et leur poids est stable. Nonhlanhla Zungu et Nomfundo prennent 5 grammes de sutherlandia par jour. Coût du traitement : environ 2 euros par mois.
Depuis 6 ans, Nigel Gericke soigne de nombreux autres malades du sida avec la sutherlandia et, selon ses dires, avec autant de succès que pour ces deux patientes. Des résultats qu’il nuance car on ne sait pas quels médicaments ces personnes prennent, en dehors de la sutherlandia : "Attention, nous ne sommes pas en train d’affirmer que la sutherlandia est un remède contre le sida. Ce n’est absolument pas le cas. Il n’existe pour le moment aucun remède contre cette maladie, que ce soit dans la médecine naturelle ou dans la médecine moderne. Mais la sutherlandia a un rôle crucial pour les populations rurales qui n’ont pas accès aux médicaments modernes."
La sutherlandia est cultivée en grande quantité en Afrique. Elle est ensuite réduite en poudre et présentée sous forme de comprimés mais les procédés de fabrication ne sont pas conformes aux standards occidentaux et la marge bénéficiaire n’est donc pas très importante. C’est pourquoi, pour le moment, cette plante n’intéresse pas les géants de l’industrie pharmaceutique mondiale.
En Europe, on déconseille, à juste titre, la prise de sutherlandia car on ne dispose encore d’aucun résultat d’étude. Mais, en l’absence de soutien du gouvernement sud-africain, fautes de garanties financières, les indispensables études cliniques n’ont pu être réalisées et les recherches sur la sutherlandia sont actuellement interrompues.
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HIPPOCRATE - Magazine de santé
Mardi 28 novembre 2006 à 14h00
Rediffusion du 30 novembre 2004
Rédactrice en chef : Heidemarie Petters
Une coproduction ZDF-ARTE G.E.I.E.








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