Lena et Mynia, respectivement la grand-tante et la grandmère de la réalisatrice, se sont connues enfants dans le ghetto de Varsovie, pour se retrouver après la guerre et immigrer ensemble en Israël. Lena était alors mariée au frère de Mynia. Aussi dissemblables qu’inséparables, toutes deux veuves, elles vivent à Jérusalem et sont membres de “l’Académie du Mont-Herzl”, un petit groupe de personnes âgées qui se retrouvent tous les samedis d’été pour discuter politique, philosophie ou littérature.
Dans le majestueux parc où, entre autres héros nationaux, repose Theodor Herzl, le fondateur du mouvement sioniste, Tali Shemesh a filmé pendant cinq ans ces réunions parfois électriques où chacun vient partager friandises, réflexions, lectures et émotions à fleur de peau. Elle entremêle ces séances du “club du cimetière” avec des moments d’intimité entre Lena, Mynia et elle, à domicile ou lors de leurs vacances communes au bord de la mer Morte.Ténacité
La brève séquence inaugurale, dans laquelle Lena submerge sa petite-nièce d’un flot d’arguments péremptoires pour lui démontrer (en vain) que le titre choisi pour le film est inadéquat, donne le ton. Pour la pugnace vieille dame comme pour l’obstinée Tali, il s’agit de tenir ferme. Contre “la solitude de la vieillesse”, comme le stipule l’article 4 du “règlement” de l’Académie, contre les cauchemars de jeunesse, contre la maladie et la mort qui les déciment, les membres du petit groupe déploient chacun à leur manière une formidable combativité verbale, tantôt en hébreu, tantôt en yiddish. Cela donne,entre autres, une bagarre hilarante à propos d’Emmanuel Kant, sous l’oeil chagriné du président de séance. Quant à Mynia la douce, qui préfère au plaisir du dernier mot celui de regarder les fleurs et les nuages, elle est aussi capable d’arracher avec flegme 5 000 dollars à une machine à sous pour financer un voyage en Pologne. De ce portrait de famille tourné au coeur du Panthéon national émerge peu à peu un tendre hommage à une génération en train de disparaître, héros anonymes qui ont traversé le siècle de la Shoah et de la création d’Israël. L’amendement final du règlement de l’Académie, qui stipule son transfert définitif dans une maison de retraite (adopté pour une fois sans discussions), sonne comme leur au revoir, comique, digne et déchirant.
Multidiffusion le 18 mai à 1h10 et le 23 mai à 10h00
Vers la page d'accueil du dossier "Les 60 ans d’Israël"Le graphisme de cette page a été réalisé à partir d'une esquisse de Daniel Thomas qui a participé à notre concours "A vos pinceaux ". Nous le félicitons encore pour son coup de crayon ! Vous pouvez retrouver son dessin sous forme de carte postale à envoyer à vos amis.









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