De David Gormezano, Aquiles Alturria, Mariano Rosendi – ARTE GEIE – France 2006
En Amérique Latine, 2006 a été une année électorale chargé. Pas moins de 9 pays auront élu d’ici la fin de l’année un nouveau président.La gauche a marqué des points : élection de Michelle Bachelet au Chili, d’Evo Morales en Bolivie, réélection de Lula au Brésil. Autre phénomène, l’influence d’Hugo Chavez s’est fait sentir sur le processus électoral au Pérou et en Equateur. Au Nicaragua, le sandiniste Daniel Ortega, ouvertement soutenu par le président vénézuelien, est le grand favori des sondages. 16 ans après avoir démocratiquement abandonné le pouvoir, et après avoir perdu 3 élections présidentielles, le « commandante Daniel », l’homme fort de la révolution sandiniste des années 80 est de nouveau en campagne.
Face à lui, un candidat libéral ouvertement soutenu par les Etats-Unis, un autre candidat libéral sur lequel plane l’ombre du président Aleman (1996-2001) condamné à 20 ans de prison pour corruption, et un autre candidat sandiniste.
Avec 37% d’intentions de vote, le Front Sandiniste de Libération Nationale, converti à l’économie de marché, est donc sur le point de revenir aux affaires. Cette perspective inquiète beaucoup de Nicaraguayens qui ne veulent pas voir revenir les années 80 et la guerre civile qui fit 30 000 morts.
Cependant, le « commandante » Daniel Ortega, allié à Hugo Chavez mais aussi à une partie de la droite et à l’église catholique, représente toujours pour les plus pauvres, une promesse d’espoir.
USA : les vétérans d’Irak dans la bataille électorale
De Lars Köhne – ARTE GEIE / Real and Fiction – Allemagne 2006
Arlington, Texas…. 340.000 habitants et un taux de criminalité proche de zéro, grâce à la guerre contre le terrorisme. Il y a encore 3 ans, David Harris 34 ans, faisait partie du corps d’élite des Rangers en Irak. Déçu par ce qu’il considère comme une énorme supercherie, c’est à son retour du front qu’il a décidé de se présenter aux élections législatives de mi-mandat, côté démocrate. Il répète à qui veut l’entendre que l’armée américaine doit préparer son retrait d’Irak. Son seul but : que ses anciens camarades ne se fassent plus tuer dans les rues de Bagdad. Plus de 70 vétérans briguent un siège au Congrès le 7 novembre. Van Taylor a, lui aussi, combattu en Irak. Seul vétéran à se présenter au nom du parti républicain, son message est sans ambiguïté : l’ennemi est en Irak, les troupes américaines doivent continuer à se battre.
Les deux candidats aux élections se distinguent non seulement par leurs idées, mais aussi par les moyens de financement de la campagne électorale. David Harris, qui travaille dans le bâtiment, dispose uniquement de sa force de conviction. Quant au discours patriotique et musclé de Van Taylor, soutenu financièrement par le gouvernement, il est diffusé régulièrement sur toutes les chaînes de télévision locales…
Schwarzenegger se met au vert
De Thierry Vivier – ARTE GEIE / Agence Capa – France 2006
Comment s’imposer dans un état centriste comme la Californie lorsqu’on est républicain ?Il suffit d’être une star d’Hollywood comme Ronald Reagan ou Arnold Schwarztenegger et d’avoir une bonne stratégie de campagne.
Alors qu’il brigue un second mandat, l’ex-Terminator désormais recentré sur sa gauche s’est habilement converti à l’écologie. S’opposant ouvertement au président Bush qui reste fermement opposé à la ratification des accords de Kyoto, le gouverneur de Californie s’est engagé, lui, dans la lutte contre les effets de serre, en promettant de faire de la Californie un modèle à suivre pour le reste du pays. Les républicains et démocrates de l’état ont tous applaudi cette initiative, de même qu’une très grande majorité des citoyens.
Traumatisés par le film de Al Gore et le prix de l’essence qui ne cesse de grimper, les Californiens ont enfin trouvé avec l’écologie un sujet qui les rassemble. Soucieux de participer à ce grand mouvement éco-chic, ils s’en prennent d’abord à leurs grosses voitures. Les ventes de 4 x 4 chutent, tout le monde se jette sur les petites hybrides ou sur des solutions alternatives plus ou moins farfelues comme le bio-diesel ou l’huile végétale. Surfant sur la vague verte, le gouverneur s’affiche dans un Hummer à hydrogène. On apprend qu’il fait même transformer son Hummer pour tourner à l’huile de cuisine.
Derrière cette démagogie médiatique se cache pourtant un véritable républicain qui défend une politique conservative en matière d’économie et suit rigoureusement la ligne tracée par le président George Bush sur les sujets de société comme le mariage homosexuel ou la peine de mort. Son opposant démocrate, Phil Angelides, joue la carte de « Monsieur tout le monde ». Petites lunettes, cravate marron, son manque de charisme perce l’écran, surtout lorsqu’il regarde la mauvaise caméra pendant les trois quarts du seul débat télévisé qui l’oppose au gouverneur sortant. Les démocrates défaitistes font campagne pour la forme mais ne se font aucune illusion.
Arnold Schwartzenegger dispose d’une confortable avance de 15 points dans les sondages et sauf accident, le « governator » devrait facilement renouveler son mandat pour quatre ans.









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Nicaragua : Sandinistes, le dernier combat
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