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Les mercredis de l'histoire Les mercredis de l’histoire proposent une approche critique des événements et épisodes de l’histoire européenne et internationale.

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21/02/05

La politique pour deuxième nature

Biographie


« Etonnant destin, en vérité, que celui de cet homme qui en toutes circonstances choisit de dire la vérité, même la plus dure, d’aller jusqu’au bout de ses convictions, même les moins populaires, qui se distingua toujours par son refus de la démagogie et des compromissions et resta jusqu’au bout un symbole d’espérance. »
Michel Rocard ( Le Monde du 20 octobre 1982)

1907 : Pierre Mendès France naît à Paris, le 11 janvier.

1922 : modèle de l'élitisme républicain, il obtient son baccalauréat à quinze ans et publie son premier article dans L'Université de Paris.

1923 : tenté par l'enseignement, il opte néanmoins pour le barreau ; il entre à la faculté de droit et à l'Ecole libre des sciences politiques « Sciences Po ».

1924 : séduit par Edouard Herriot, PMF adhère au Parti radical et milite à la Ligue d'action républicaine et socialiste (LAURS) qui vient d'être créée et fait le coup de poing contre les Camelots du roi de l'Action française.

1926 : secrétaire général de la section parisienne puis à l’échelon national de la LAURS, il s'inscrit l'année suivante comme avocat stagiaire au barreau de Paris et devient le plus jeune avocat de France.

1928 : PMF soutient sa thèse de doctorat en droit, L'oeuvre financière du gouvernement Poincaré, et accomplit son service militaire comme caporal dans l'aviation. Au Parti radical, il est dans le groupe des Jeunes Turcs, avec Jean Zay, Pierre Cot, Jacques Kayser.

1929 : il s'installe comme avocat à Louviers, dans l'Eure.

1930 : son deuxième livre, La banque internationale. Contribution à l'étude du problème des États-Unis d'Europe, reçoit un accueil chaleureux.

1932 : élu le plus jeune député de France dans la circonscription de Louviers, petite ville de l’Eure. Une victoire électorale remportée contre toute attente, car il s'agit d'une des circonscriptions les plus conservatrices de France. Au congrès du Parti radical, à Toulouse, il prononce un réquisitoire contre la politique économique des Radicaux, au nom des Jeunes Turcs.

1933 : il épouse Lily Cicurel.

1934 : son premier grand discours économique à la Chambre des députés lui vaut l'approbation publique de Léon Blum.

1935 : il est élu maire de Louviers et le restera pendant vingt-trois ans.

1936 : réélu député de l'Eure, il est le seul à voter contre la participation de la France aux Jeux olympiques organisés par les nazis à Berlin ; il soutient le Front populaire, malgré son désaccord sur sa politique monétaire et sur la non intervention dans la guerre d'Espagne.

1937 : il est élu conseiller général de l'Eure.

1938 : il n’a que 31 ans, en 1938, quand Léon Blum, chef du Front Populaire, l’appelle au gouvernement pour lui confier la gestion du Trésor public. Cette première expérience ministérielle ne dure qu’un mois mais il se fait remarquer comme l’un des responsables politiques les plus compétents dans le domaine de l’économie. A cette occasion, il se lie d’amitié avec Georges Boris, un journaliste de vingt ans son aîné qui dirige le cabinet de Blum et qui sera jusqu’à sa mort son plus proche conseiller. Il élabore avec ce dernier, le premier plan de développement économique proposé au Parlement, mais le gouvernement est renversé trop vite pour qu'il soit appliqué.

1939 : lieutenant de réserve, alors que son mandat de député lui permettrait d'obtenir un poste sans risque, il est nommé dans l'aviation au Levant ; mais il souhaite se battre et réclame une affectation au front.

1940 : au moment où l’offensive nazie foudroie la France, le lieutenant d’aviation Pierre Mendès France est en permission. Il essaie de rejoindre son unité aérienne à Bordeaux, devenue capitale de la défaite, où le Maréchal Pétain se prépare à négocier avec Hitler. Décidé à poursuivre le combat, il embarque avec d’autres parlementaires sur le Massilia à destination du Maroc, où il est arrêté par les autorités de Vichy pour désertion. Il est déféré devant un tribunal militaire à Clermont-Ferrand, en un temps où les hommes de gauche, surtout les juifs sont dénoncés comme responsables de la décomposition.

1941 : procès parfaitement inique où en dépit des témoignages de tous ses supérieurs, qui vantent son ardeur au combat, sauf un, il est condamné pour désertion. Il s'évade de la prison de Clermont-Ferrand où il est incarcéré pour « défendre son honneur », comme il l'écrit à Pétain.

1942 : après quelques mois de clandestinité, Mendès France rejoint la France Libre à Londres. Il s’engage comme aviateur au sein du Groupe Lorraine. Il participe à de nombreuses missions de bombardement d’objectifs allemands en France. 

1943 : le général de Gaulle l’appelle à Alger en novembre pour participer en qualité de commissaire aux finances au Comité français de libération nationale, ébauche du futur gouvernement.

1944 : une fois Paris libéré, le Comité se transforme en gouvernement provisoire dont Mendès France devient le ministre de l’économie nationale. Il préconise des mesures drastiques, qui l'opposent à la politique plus laxiste prônée par René Pleven.

1945 : bien qu’il le loue dans ses mémoires, De Gaulle ne soutient pas Mendès qui démissionne, sans illusion sur les conséquences des choix de Pléven. Il est élu président du Conseil général de l'Eure.

1946 : il est est réélu député de l'Eure. Parallèlement il est nommé executive director pour la France de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), un poste qu'il occupe jusqu'en 1947. Puis jusqu'en 1959, il occupe la fonction de gouverneur pour la France du Fonds monétaire international.

1947 : nommé délégué de la France au Conseil économique et social de l'ONU (ECOSOC) poste dont il démissionnera en 1951.

1950 : il fait ses premières interventions au Parlement contre la guerre d'Indochine. A l‘exception du Parti communiste solidaire du parti frère vietnamien, et de quelques intellectuels, il est le seul, depuis 1950, à dire publiquement que l’engagement militaire français en Indochine n’est pas tenable. A l’origine, sa position n’est nullement celle du mouvement tiers-mondiste qui émerge dans les milieux d’extrême-gauche. En économiste rigoureux, il fait l’analyse qu’un pays tel que la France, très affaibli par la guerre, n’a pas les moyens d’entretenir en Indochine, à dix mille kilomètres de ses frontières, une présence suffisamment forte pour être respectée. Et si par malheur, explique-t-il, la France s’entêtait à consacrer une part considérable de ses ressources financières à défendre sa présence là-bas, elle compromettrait les chances de développement de la métropole. À terme, elle perdrait sur les deux tableaux : son empire colonial serait remis en cause et elle serait rapidement distancée, dans la compétition économique, par ses voisins européens qui n’ont pas la même charge coloniale à supporter.

1951 : PMF est réélu député et président du Conseil général de l'Eure .

1952 : nommé président de la Commission des comptes de la Nation, fonction exercée jusqu'en 1960 , il défend devant le tribunal militaire de Tunis plusieurs militants de l'indépendance tunisienne.

1953 : président désigné du Conseil, il n'obtient pas l'investiture le 3 juin. Le 6 juillet, il est élu président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, poste qu’il occupe jusqu'à son investiture. Et c’est Joseph Laniel qui est élu président du Conseil.

1954 : le coup de tonnerre de Diên Biên Phu vient brusquement donner raison à PMF. Il comprend que son heure est venue, non pas grâce à ses compétences économiques, mais parce que la diplomatie et le verdict des armes ont validé son analyse des quatre dernières années. Par 419 voix et 143 abstentions, l’Assemblée nationale charge PMF de sortir le pays de la plus grave impasse dans laquelle il se trouve depuis 1940. Le gouvernement Mendès France est en place pendant sept mois et dix sept jours.

1955 : son gouvernement est renversé par l'Assemblée nationale. Élu premier vice-président du Parti radical, il tente de le régénérer et mène campagne pour le Front républicain.

1956 : ministre d'État du gouvernement Guy Mollet, il en démissionne à cause de la politique menée en Algérie.

1957 : il démissionne de la direction du Parti radical.

1958 : héritier de Gambetta et des grandes figures républicaines qui avaient renversé le bonapartisme plébiscitaire, il s’oppose non au principe du retour du général de Gaulle au pouvoir, mais aux conditions de son retour, c’est-à-dire au coup d’Etat du 13 mai. Dans l’esprit mendésiste, les parlementaires sont les représentants du peuple et rien ne peut, rien ne doit, se décider sans leur participation ni leur assentiment.
Battu aux élections législatives dans l'Eure, PMF abandonne ses mandats de maire et de conseiller général pour se consacrer à la réflexion politique.

1959 : exclu du Parti radical pour son appartenance à l'Union des forces démocratiques, il adhère au Parti socialiste autonome (PSA), qui fusionne avec d'autres groupes dans le parti socialiste unifié (PSU) l'année suivante.

1962 : il publie La République moderne, prend position contre l'élection du président de la République au suffrage                 universel, et est battu aux élections législatives à Evreux dès le premier tour.

1965 : PMF accorde son soutien à François Mitterrand contre de Gaulle lors des élections présidentielles.

1967 : il est élu député de Grenoble ; sa première épouse décède.

1968 : PMF participe au mouvement de mai, en particulier en se rendant au stade Charléty ; il perd son siège de député de Grenoble et démissionne du PSU.

1969
 : il fait campagne aux côtés de Gaston Defferre lors des élections présidentielles.

1971 : il épouse Marie-Claire de Fleurieu.

1972 : à la suite d'un accident neurologique, PMF est contraint de réduire son activité.

1973 : il publie Science économique et lucidité politique avec Gabriel Ardant.

1974 : il soutient François Mitterrand lors des élections présidentielles et publie Choisir.

1976 : PMF va consacrer la fin de sa vie à la recherche de la paix au Proche-Orient ; il organise des conversations secrètes entre progressistes israéliens et palestiniens.

1977 : rencontre avec Anouar el-Sadate et Menahem Beguin à Jérusalem.

1981 : PMF soutient François Mitterrand lors des élections présidentielles.

1982 : il s'éteint à sa table de travail le 18 octobre ; la France lui rend hommage lors de funérailles nationales.

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mercredi 16 février à 20.45
Pierre Mendès France - La morale de l'histoire
Documentaire de Jean-Christophe Rosé - France 2004 - 54'
Commentaire de Jean Lacouture
Coproduction : ARTE France, Kuiv Productions

Edité le : 11-02-05
Dernière mise à jour le : 21-02-05