Avant la chute du mur, à l'époque où la RDA, la Deutsche Demokratische Republik, existait encore, vous pouviez voir devant un magasin des groupes de personnes, sagement rangées en ligne, en train d'attendre leur tour pour entrer à l'intérieur. Pourquoi cette attente, cette affluence ? Parce que le magasin en question offrait ce jour-là, à cette heure-là, un article, une marchandise rarement accessibles en RDA, comme certains fruits par exemple.Comment les Allemands de l'Est appelaient-ils une telle file d'attente dans leur langage officieux et souvent caustique ? "Eine sozialistische Wartegemeinschaft" - une "communauté socialiste d´attente". L'attente nous énerve, mais nous patientons ; le vrai socialisme se fait attendre et il nous fait attendre.
Personne en RDA ne pouvait savoir si et quand un magasin allait proposer telle ou telle marchandise. Et si jamais on découvrait inopinément dans la rue une sozialistische Wartegemeinschaft indiquant qu'il y avait quelque chose de rare à acquérir, on avait toujours sur soi un sac en toile pliable, dénommé le "Falls-Beutel", le "sac au cas où" ...Quand ils attendent, les Allemands "stehen Schlange", ils font le serpent. C'est logique, puisque les files serpentent sur le trottoir ; Les Français, eux, "font la queue". La queue, étant le prolongement d'un animal, ici, c'est le prolongement du groupe qui attend dans la rue ou à un arrêt d´autobus. C´est le même mot en italien, far la coda, et le mot français "queue" a été importé tel quel en anglais, prononcé "queue" [kju:]. Et les Anglais en ont même fait un verbe, puisque chez eux l'activité de faire la queue s'appelle queueing.







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