Synopsis : A Tokyo de nos jours, une famille ordinaire voit son équilibre rompu. Licencié du jour au lendemain, le père, honteux, cache sa situation tout en continuant d’exercer son autorité sur les siens. Désoeuvré, le grand frère s’en va rejoindre le contingent américain en Irak. Il part à la guerre pour quitter sa famille. Après une bravade à l’école, le petit frère est ostracisé, mais se découvre une passion pour le piano dont son père ne veut pas payer les leçons. A la maison, la mère, pilier de la cellule familiale, constate un délitement général et se sent négligée.

De Kiyoshi Kurosawa
(2008, Japon, 1h59)
Avec Teruyuki Kagawa, Haruka Igawa, Yu Koyanagi, Koji Yakusho…

Il n’y a pas de fantôme dans « Tokyo Sonata », ni aucune autre de ces références fantastiques généralement constatées chez Kurosawa. L’horreur réside ici dans la normalité, un cauchemar au quotidien enduré par ceux qui savent qu’ils ne peuvent trouver la paix de l’esprit chez eux, ou dans le sommeil. Figure la plus ingrate et la plus présente à l’écran, le père ne peut choisir s’il faut être honnête ou respecté. Il ment à sa famille tout en condamnant le mensonge et maintient la séparation avec sa vie professionnelle, dont il ne parle jamais. Pour lui et les siens, ces éveillés inquiets, tout va se jouer au cours d’une nuit blanche et rocambolesque, lors de laquelle Kurosawa multiplie les coups de théâtre. Non pour consolider une intrigue qu’il juge trop lisible, mais pour insinuer combien la confusion invite aux retournements de situations, et même à un miracle conclusif et presque sirkien. Jamais démagogue, Kiyoshi Kurosawa est aujourd’hui en état de grâce.








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( note Arte: 4 )






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