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Actualité Cinéma

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Sortie du 25 mars 2009 - 26/03/09

Tokyo Sonata

Un film de Kiyoshi Kurosawa


( note Arte: 4 ) Le portrait en morceaux d’une famille japonaise, par un cinéaste enfin en état de grâce.

  • Interview de Kiyoshi Kurosawa

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Interview exclusive de Kiyoshi Kurosawa

Synopsis : A Tokyo de nos jours, une famille ordinaire voit son équilibre rompu. Licencié du jour au lendemain, le père, honteux, cache sa situation tout en continuant d’exercer son autorité sur les siens. Désoeuvré, le grand frère s’en va rejoindre le contingent américain en Irak. Il part à la guerre pour quitter sa famille. Après une bravade à l’école, le petit frère est ostracisé, mais se découvre une passion pour le piano dont son père ne veut pas payer les leçons. A la maison, la mère, pilier de la cellule familiale, constate un délitement général et se sent négligée. 
 
Tokyo Sonata
De Kiyoshi Kurosawa
(2008, Japon, 1h59)
Avec Teruyuki Kagawa, Haruka Igawa, Yu Koyanagi, Koji Yakusho…
Critique : Mélodrame revendiqué, « Tokyo Sonata » et son titre un peu trop chic qui laissait craindre une œuvre surfaite se révèle pourtant le film le plus consistant de son auteur. Très prolifique et inégal,  Kiyoshi Kurosawa parvient aujourd’hui à la plénitude avec un récit qui n’en est pas moins parcouru par d’innombrables tensions nées de l’attention accordée à des personnages à un point nodal de leur existence. Astucieux et simple, le film se maintient avec brio dans un cadre tenu (« à la Ozu » pour faire court), avant de s’envoler littéralement, de voler en éclats au même titre que cette famille typique d’un pays nerveux, ce Japon traversé depuis longtemps par les crises économiques et le désarroi plus global. Kurosawa trouve même recevable le terme « pathétique » à l’encontre de sa culture.
 
Il n’y a pas de fantôme dans « Tokyo Sonata », ni aucune autre de ces références fantastiques généralement constatées chez Kurosawa. L’horreur réside ici dans la normalité, un cauchemar au quotidien enduré par ceux qui savent qu’ils ne peuvent trouver la paix de l’esprit chez eux, ou dans le sommeil. Figure la plus ingrate et la plus présente à l’écran, le père ne peut choisir s’il faut être honnête ou respecté. Il ment à sa famille tout en condamnant le mensonge et maintient la séparation avec sa vie professionnelle, dont il ne parle jamais. Pour lui et les siens, ces éveillés inquiets, tout va se jouer au cours d’une nuit blanche et rocambolesque, lors de laquelle Kurosawa multiplie les coups de théâtre. Non pour consolider une intrigue qu’il juge trop lisible, mais pour insinuer combien la confusion invite aux retournements de situations, et même à un miracle conclusif et presque sirkien. Jamais démagogue, Kiyoshi Kurosawa est aujourd’hui en état de grâce.
 
Julien Welter

Edité le : 02-02-09
Dernière mise à jour le : 26-03-09