(Canada, 2003, 7 mn + 6 mn + 60 mn)
De Guy Maddin
Avec Darcy Fehr, Guy Maddin, Melissa Dionisio, Amy Stewart, Tara Birtwhistle, Louis Negin, David Stuart Evans, Aurum McBride
Synopsis : Le jeune Guy était un des plus grands joueurs de hockey des Maroons de Winnipeg jusqu’à ce que sa petite amie Veronica se retrouve dans une situation délicate. Il l’accompagne au “bordel-salon de coiffure” dirigé par la venimeuse et glamour tenancière Liliom. Dans l’arrière-boutique est dissimulée une clinique clandestine d’avortement. Pendant l’opération menée par le sinistre Dr Fusi, Guy tombe fou amoureux de la fille de Liliom, Meta. Il abandonne sur le champ sa fiancée Veronica qui meurt mais dont le fantôme revient hanter le bordel. Meta demande à Guy de venger son père assassiné par sa mère et son amant et lui ordonne de se faire greffer les mains bleues du mort qu’elle a religieusement conservé dans un vase... Critique : Guy Maddin et le post-modernisme des Prairies ont encore frappé. Quelques mois après la sortie du flamboyant "Saddest Music in the World" librement adapté de Kazuo Ishiguro avec Isabella Rossellini, la société ED, histrions de la distribution française et découvreurs de perles rares, présente ce programme composé de deux courts et d’un moyen-métrage. Le premier court "Sissy Boy Slap Party", tourné en 1995, est défini par le réalisateur comme un « mantra musical dérivé d’un micro-montage à la mitraillette”. Comprenne qui pourra. Durant six minutes, une colonie d’éphèbes à demi-nus se livrent à un combat de gifles dans un délire qui doit autant à Sacher-Masoch, qu’à Genet, à la chorégraphe Pina Bausch ou au Josef Von Sternerg d’"Anathan", le tout monté au scalpel et sous acide. C’est indescriptible mais incroyablement jouissif. "Sombra Dolorosa", tourné cette année, célèbre dans un délire d’images teintées la rencontre du monde macabre de Maddin et celui de la fête des morts mexicaine. "Les lâches s’agenouillent" a été présenté à l’origine en janvier 2003 au festival du film de Rotterdam puis dans une galerie d’art de Toronto où les dix chapitres de six minutes du film étaient séparément visibles grâce à dix trous percés dans un mur, principe pervers et voyeur s’il en est. Évidemment le film est muet, les images d’un noir et blanc cotonneux qui distille le malaise et la musique grésille comme diffusé d’un poste TSF grippé. Le cinéma de Maddin puise comme toujours à tout va dans les grands films classiques : cette fois encore Sternberg et le combat à mort mère-fille de "Shanghai Gesture" ou l’intrigue fantastique des "Mains d’Orlac" de Robert Wiene et de son remake par ET Gréville. Malgré ces hommages cinéphiles appuyés, la singularité de son œuvre n’en est que plus évidente. Tout l’univers fascinant de Guy Maddin est là : le hockey, les neiges inquiétantes de Winnipeg, des névroses à vif - complexes d’Œdipe et incestes en vrac qui conduisent invariablement au meurtre, ainsi que l’exploration de quelques fantasmes homosexuels et une libido déchaînée liant invariablement la joie à la tragédie. Plus que du cinéma : une expérience unique laissant le goût délétère du plus délirant des cauchemars sur les lèvres.
Delphine Valloire
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Les lâches s’agenouillent
Cowards Bend the Knee
(Canada, 2003, 7 mn + 6 mn + 60 mn)
De Guy Maddin
Avec Darcy Fehr, Guy Maddin, Melissa Dionisio, Amy Stewart, Tara Birtwhistle, Louis Negin, David Stuart Evans, Aurum McBride
Sortie le 29 décembre 2004








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