L'embrasement, diffusion début 2007 - 05/11/10
Entretien avec Fabienne Servan Schreiber, productrice
A l’origine de L’embrasement, Fabienne Servan Schreiber s’explique sur sa volonté de restituer aux événements de l’automne 2005 leur dimension humaine.
Pourquoi avez-vous eu envie d’adapter L’affaire Clichy. Morts pour rien, le livre des avocats Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman (1) ?
J’avais été bouleversée par l’humanité de leur récit qui évoquait, avec beaucoup de respect, ces jeunes et leurs familles. Il y avait un tel décalage avec tout ce qu’on avait entendu et vu lors des événements : les petits communiqués de presse et ces images de violence, de voitures qui brûlent… Cette histoire m’a touchée aussi, parce qu’elle me paraît très symptomatique du fossé qui sépare les deux côtés du périphérique. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose.
Comment s’est passé le contact avec les familles des victimes ?
A nos yeux, il n’était pas question de s’emparer de leur histoire, sans leur autorisation ni celle de Muhittin Altun, le survivant. L’auteur, le réalisateur et moi-même sommes donc allés les voir pour leur expliquer notre démarche. Ce n’était pas acquis d’avance, parce qu’ils éprouvent toujours une certaine méfiance à l’égard des médias. Mais avec le concours des avocats, tout s’est passé dans le dialogue. Nous leur avons notamment présenté les comédiens qui interprétaient les jeunes et montré les séquences qui les concernaient.
Quelle est la force de la fiction sur une affaire comme celle-là ?
D’une part, la fiction apporte beaucoup d’émotion. D’autre part, comme il s’agit d’une affaire récente et délicate, elle nous offrait une plus grande liberté de récit, celle de choisir de dire ou de ne pas dire, de suggérer… Je crois que c’est presque plus facile à aborder de cette façon-là, même si nous avons fait très attention à la véracité avérée des faits. Je me doute que c’est un film qui va susciter beaucoup de questions, mais c’est aussi pour cela qu’il est intéressant.
(1) L’Affaire Clichy. Morts pour rien, de Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman, Éd. Stock, 2006, 160 pp
Edité le : 28-11-06
Dernière mise à jour le : 05-11-10
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