L'artiste brésilienne s'est donné un but : rendre visible l'invisible. Son nouveau projet : exposer des films aux rayonnements radioactifs dans le no man's land établi autour de la centrale de Tchernobyl.
Les clichés d’Alice Miceli sont d’une délicate beauté bien qu’ils révèlent une menace invisible à l’œil nu. L’artiste brésilienne a en effet utilisé le rayonnement radioactif toujours présent à Tchernobyl pour créer ses œuvres.
Alice Miceli vit depuis deux ans à Berlin. Elle invente des concepts innovants pour illustrer des problèmes et des situations intolérables, par exemple la contamination radioactive de l’ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl. « The Invisible Stain - Der unsichtbare Fleck » (la tache invisible), tel est le titre de son dernier projet. Dans ce no man’s land abandonné depuis 24 ans, elle a disposé des plaques radiosensibles recouvertes d’un emballage noir tout autour du tristement célèbre réacteur n°4, en les fixant sur des supports irradiés : des arbres, des maisons ou à même le sol.
En l’espace de trois mois, les emballages se sont gorgés de radioactivité et ont irradié les plaques qu’ils contenaient. Les clichés ressemblent à des aquarelles nées du hasard. Certains comportent des points sombres appelés Hot Particles : ces minuscules particules hautement radioactives se sont échappées du réacteur au moment de l’explosion.
En raison de la contamination, la zone autour du réacteur restera interdite pendant encore au moins trois siècles. Déjà s’estompent les traces laissées par ceux qui ont vécu ici jusqu’en 1986. Le rayonnement radioactif est aujourd’hui encore 100 fois plus élevé que la normale.
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