Allemagne, 2003, 1h58mn
ARTE/SWR
De ses poèmes surréalistes à ses essais engagés, de ses rencontres avec les opprimés – dont il était l’ardent défenseur – aux pays qui jalonnèrent sa vie : portrait du poète communiste chilien Pablo Neruda, et itinéraire politico-littéraire d’un écrivain qui a marqué la littérature espagnole.
Prix Nobel de littérature en 1971, Pablo Neruda est un des grands poètes du XXe siècle, une figure culte. Ardent défenseur d’un socialisme à visage humain, il s’est souvent fait le porte-parole des “damnés de la terre”. Ebbo Demant s’attache aux lieux et aux paysages qui ont inspiré son oeuvre – du Chili à la Birmanie en passant par l’Indonésie, l’Espagne, l’Italie et la France ; il évoque les hommes et les femmes qui ont motivé son engagement politique – paysans misérables, mineurs des Andes, manoeuvres des ports d’Asie, républicains espagnols, militants communistes ; et dévoile à travers les poèmes de Neruda une personnalité complexe, celle d’un sympathisant des luttes tiers-mondistes doublé d’un membre de l’Académie américaine des arts et des sciences. Enfin, il suit le cheminement d’une oeuvre empreinte de lyrisme et de générosité, tour à tour symboliste, surréaliste et réaliste… Parcours engagé, itinéraire poétique
Fils de cheminot né en 1904 à Parral, dans le sud du Chili, Neftali Ricardo Reyes Basualto écrit des vers dès l’adolescence et, à peine âgé de 20 ans, publie ses deux premiers recueils : Crépusculaire et Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée. Pour ne pas irriter son père qui l’aurait voulu plus sérieux, il choisit un pseudonyme : Pablo Neruda, référence à l’écrivain tchèque Jan Neruda. Après des études de philosophie et de français, il embrasse en 1927 une carrière diplomatique en Asie, en Amérique latine et en Espagne. Il publie Résidence sur la terre (1933/1935), tableau désespéré d’un monde détruit par la civilisation moderne. Seules les idées révolutionnaires lui redonnent l’espoir d’une humanité plus fraternelle. La poésie devient pour lui une arme. Lorsque la guerre civile espagnole éclate, il est en poste à Madrid. En compagnie de Garcia Lorca, Buñuel, Alberti et Dali, il s’engage aux côtés des républicains et aide certains d’entre eux à émigrer au Chili. Un soutien qu’il relate dans L’Espagne au coeur (1938). Devenu un membre influent du Parti communiste chilien, il est bientôt contraint de s’exiler et ne rentre qu’en 1952. Il publie alors l’une de ses oeuvres majeures, Chant général, tableau épique d’une Amérique latine partagée entre richesse culturelle et misère sociale. Renonçant à se présenter à l’élection présidentielle de 1969, il fait campagne pour Salvador Allende. Nommé ambassadeur du Chili en France, il continue à écrire (Splendeurs et mort de Joaquin Murieta, Les mains du jour, Fin de monde…). Atteint d’un cancer, il rentre au Chili en 1973 et ne survit que quelques jours à Allende. Ses mémoires, intitulés J’avoue que j’ai vécu, paraissent à titre posthume en 1974.








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