Aujourd’hui, de nombreux Européens ont une maîtrise de l’arc comparable à celle des Asiatiques, car le Kyudo fonctionne sans visière électronique de tir. Il se base seulement sur des mouvements précis – et se passe des techniques de pointe !Dans la salle d’entraînement, également appelée dojo, on s’entraîne dur et de manière très disciplinée pour atteindre le tir parfait. Ici, tout obéit à des règles strictes. C’est la même tenue pour tous : une chemise blanche, appelée keikogi, et une jupe-culotte noire, le hakama. Grâce à une discipline de fer, il est possible de lutter contre l’inattention et d’augmenter sa capacité de concentration.
En Allemagne, on recense environ 1 000 pratiquants de Kyudo. Le Kyudo est un exercice d’introversion. On parle très peu. C’est justement ce que la plupart des gens apprécient. C’est moins un sport qu’un exercice de méditation et une façon de compenser le stress quotidien.
Le dojo Isar à Munich. Les débutants répètent la succession de mouvements. Pour perfectionner leur geste, ils commencent par tirer sur des bottes de paille situées à une distance de 3 mètres. Pas besoin d’avoir une force surhumaine. L’important, c’est d’être patient. La technique est très compliquée. Le Kyudo fait travailler le corps tout entier. Il fait appel à des muscles dont on ignorait jusqu’à l’existence ! Les arcs utilisés en Occident sont équipés de stabilisateurs, de masselottes et j’en passe. Tout cela n’existe pas avec le tir à l’arc japonais. C’est à nous de trouver le juste équilibre avec notre corps. Avec le Kyudo, il n’y a pas, non plus, de dispositif de visée. C’est justement ce qui en fait le charme, pour beaucoup d'adeptes. « Le tir intérieur ». Il faut laisser aller sa volonté et son ambition. Il ne faut pas tirer la flèche. Elle doit partir toute seule.
Un adepte du Kyudo en explique la philosophie :
« La façon dont on lance la flèche reflète notre état d’esprit. On est toujours terriblement déçu, après coup, de voir de quelle manière on a tiré. Une fraction de seconde plus tard, la flèche atteint la cible et nous indique comment on a tiré. Pour moi, le Kyudo est un moyen de réfléchir sur soi-même. »
Mais en fin de compte, l’objectif d’un archer de Kyudo est aussi de taper dans le mille. Un tir réussi, c’est signe que tout était parfait : la concentration, le geste et la respiration. En Kyudo, on ne se bat pas contre les autres, mais contre soi-même. C’est son propre ego qu’il faut vaincre !
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HIPPOCRATE - Magazine de santé
Mardi 18 avril 2006 à 14h00
Rediffusion du 08 mars 2005
Rédactrice en chef : Birgit Engel Une coproduction BR-ARTE G.E.I.E.








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